Le groupe suisse (ISL-ISMM) gérait à l'époque les droits marketing du Mondial asiatique moyennant un peu plus de 40 M€. Le groupe allemand (Kirch) s'occupait quant à lui de la commercialisation des droits télés pour 550 M€. Mais en annonçant leur faillite à l'approche de la compétition, ces deux partenaires de la FIFA auraient pu condamner l'instance internationale. Auraient pu seulement. Car avec Sepp Blatter à la barre, le bateau FIFA est resté à flot. Mieux, il affiche désormais une forme étincelante avec des finances en perpétuelle progression. Et avec surtout des chiffres à faire tourner la tête.
La FIFA, c'est aujourd'hui 280 employés dans des bureaux à Zurich et à Zug (Suisse). C'est surtout 208 associations regroupées en six confédérations. Les Nations Unies du football a-t-on coutume de dire. Et pour cause, l'ONU ne peut se targuer que de 191 membres. Mais pour mieux mesurer l'ampleur du phénomène FIFA, rien de tel qu'un petit voyage dans les derniers comptes de l'organisation publiés en 2005. Un chiffre d'affaire de 530 M€ (478 M€ en 2004), des fonds propres de 280 M€ (153 M€ en 2004), un bénéfice de130 M€ (102 M€ en 2004)… Et les perspectives à venir sont tout aussi colossales puisque l'instance internationale prévoyait de pratiquement doubler ses fonds propres à la fin de l'année 2006.
D'où provient tout cet argent ? Pour la quasi-totalité, la FIFA remplit ses caisses grâce aux produits des évènements qu'elle organise. Droits de retransmission TV de la Coupe du Monde, droits marketing, hospitalité, droits de licence : l'instance génère 95% de ses revenus dans ce secteur. Le reste est donc plutôt anecdotique entre les produits financiers (intérêts, investissements) et les produits d'exploitation (droits de licence de marques, amendes). Mais ne l'oublions pas, la FIFA est une association à but non lucratif. A ce titre, elle est donc tenue d'assurer le développement et la promotion du football en utilisant ses bénéfices.
En 2005, la FIFA a donc dépensé une grande partie de ses recettes (400 M€). Où et comment ? Près de la moitié des investissements de l'instance (51%) est destinée à l'organisation des évènements : indemnités aux équipes, contributions au Comité d'organisation de la Coupe du Monde, protection et commercialisation des droits, comptes de régularisation passifs. Près d'un quart est injecté dans les différents programmes de développement (programme d'assistance financière, programme Goal) et un autre quart permet d'assurer le fonctionnement de la FIFA (charges de personnel et de transport, informatique, conseil juridique, services externes, loyers). Le reste enfin est associé aux charges financières (2%). Bref, vous l'aurez compris, la FIFA se porte bien. Très bien même. A tel point que malgré ses 71 ans, Sepp Blatter n'a pas hésité à accepter un nouveau mandat de quatre ans…